Depuis bientôt un an, le transfert d’argent par mobile mené par les opérateurs de téléphonie mobile Orange et MTN  a fait une percée fracassante dans le marché de transfert des fonds, mettant à mal les opérateurs classique que sont Express Union et Express Exchange principalement.

Une entrée inquiétante et agressive !!!

Le phénomène a débuté timidement sous l’œil  « rassurant » des opérateurs classiques, qui ne se sont rendu compte du danger que le « mobile money » représentait que lorsqu’Orange ait annoncé le montant de 12 milliards de FCFA ayant transité sur sa plateforme « orange Money ». MTN distancé par son concurrent quant à lui n’avait avancé aucun chiffre. Mais on pouvait deviner  que le sien se situe au moins autour de 5 milliards. Donc près de 17 milliards pour les deux opérateurs.

Un  vide juridique à l’origine !!!

Si traditionnellement l’activité de transfert de fonds sont réservés aux banques  ou en gros aux établissements de crédits, l’activité a vu entré de nouveaux acteurs qui ne sont ni banques encore moins des établissements de crédit. Amenés par les géants internationaux Western Union et Money Gram, les locaux n’ont pas tardés à se jeter dans « l’eau », surtout qu’il s’agissait d’un « océan bleu » ayant surgit en plein dans un « océan rouge ». C’est ainsi que Express Union s’est fait leader du secteur sur  le plan national et régional. Il sera suivi par suite, sur le plan par plusieurs autres acteurs.

Mais la globalisation aidant, à partir de 2007 le succès du « MPessa » la plateforme de l’opérateur de téléphonie mobile  Safaricom sur le marché kenyan va inspirer les autres opérateurs, surtout dans nos pays où le taux de bancarisation de la population est très faible. Même si cela va intervenir presqu’une décennie plus tard. Dès leur début dans les pays comme la Côte d’Ivoire, l’association des banques s’opposent avec succès contre les opérateurs de téléphonie dans la fourniture des services de transferts de fonds.

Au Cameroun, le laxisme aidant, les opérateurs Orange et MTN vont développer cette activité sournoisement et les autres acteurs ne s’en rendront compte que bien trop tard comme nous le disions plus haut. Et la question se pose ; qui doit réguler cette activité ? La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) et Le Ministère des Finances ? Ou l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) puis que cela se passent par le biais des communications électroniques ? C’est face à  l’incapacité de répondre de façon prompte et avec clarté à ces questions que l’activité a prospérée non sans oublier les « casseroles » des opérateurs classiques.

Mais finalement, la COBAC s’est prononcé sur l’illégalité de l’activité de transfert de fonds effectuée par ces opérateurs de téléphonie mobile. Mais peut être trop tard, car on n’a pas l’impression que cela ait été suivi. Entre temps les opérateurs classiques continuent de crier au secours à l’Etat qui semble ne pas comprendre le cri d’alarme de ces derniers. Las d’attendre, Express Union se positionne aussi sur le « Mobile Money », un segment qu’il a été pourtant le pionnier au pays avant de relâcher.

Les faiblesses des opérateurs classiques comme levier de succès du « mobile money »

Le succès que connait en ce moment le « Mobile Money » est en partie dû à certaines faiblesses des acteurs classiques du secteur.  Cherté, complexité, mauvais qualité de service, mauvaise expérience client, voilà en quelque mot les maux dont souffrent les opérateurs traditionnels et sur lesquels le « mobile money » a misé. Le service est simple, facile, rapide et moins couteux. Et les clients y trouvent un moyen de se venger de ces opérateurs qui les a « tant manquer de respect ». Avec des caissières « insolentes » et « méprisantes » selon les mots de certains clients. Mais, on l’impression que seul Express Union est visé par les clients. Et même sur le plan communicationnelle, l’entreprise semble la seule touchée. Car toutes ses consœurs ont choisi de se taire ou parle-t-elle au nom de toutes ? On ne le saura jamais.

Mais bien que  le « Mobile Money » prenne de l’ampleur, à moins que ses précurseurs ne réorientent leur business model, cette activité mourra de ses cendres.

« Mobile Money » ; un business model peu solide et « négrier » !!!

Malgré le succès que le « Mobile Money » rencontre en ce moment, et vu la stratégie de développement mis sur pieds par les acteurs, qui repose sur une sorte d’ «anarchie » avec des « concessions désordonnées », on peut s’inquiéter de la survie du modèle dans le temps.

 En effet, le système mis sur pieds permet à ce que tout le monde puisse fournir le service, du boutiquier, en passant par les stations-services que par les «call-boxeurs ». Pour une activité sérieuse qu’est le transfert des fonds, on peut douter de la viabilité de ce modèle dans le temps.

Car à côté des partenaires formels qui investissent des fonds considérables pour distribuer ce service, les opérateurs autorisent une folle concurrence à ces derniers.  Car comment comprendre qu’en plus des charges de loyers, les impôts, le personnel et autres, les opérateurs autorisent aux « informels » de concurrencer les « formels ». C’est ainsi que sur un périmètre de 100 m, on retrouve plus de 5 agents effectuant la même activité, pour le même opérateur. Aussi, la rémunération ou les taux bénéficiaires sont parfois les mêmes.  Ceci a le fâcheux côté qu’ils empêchent les entrepreneurs formels qui s’y lancent de ne pas rentrer dans leurs investissements.

Il serait mieux de mettre sur pieds des systèmes de franchise qui garantissent des exclusivités territoriales et des savoir-faire. Et l’Etat a d’ailleurs intérêt à ce que cela se passe ainsi. Pour garantir les emplois, une saine concurrence et surtout éviter le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la grande criminalité.

Le système de franchise a cela de positif qu’il garantisse une exclusivité et un suivi particulier du détenteur du concept ou savoir-faire. Il encourage le formel et assure aux franchisés un retour sur investissement. Mais à l’allure où vont les choses, il ne serait pas étonnant de voir ces points « mobile money » ouverts çà et là fermer. Car comme pour l’activité de transfert de crédit avec les grossistes et semi grossistes, les opérateurs avaient joués le même jeu, demeurant les seuls gagnants. Tous les autres ont perdus, la preuve, tous les « Orange Partner » et « Yellow Point » ont disparus. La même recette produisant les mêmes résultats, ne peut-on pas dire  avec Peter Drucker le père du « Management moderne » qui écrivait « l’avenir est déjà derrière nous », que le « Mobile MONEY » dans sa configuration actuelle est un mort-né ?!!!

Oscar Ngaleu: camersenat.info

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