Développée par l’entreprise pharmaceutique Intarcia, cette technologie a été initialement conçue dans le traitement du diabète de type 2 et est destinée en priorité aux pays où l’épidémie de Sida est la plus sévère, comme l’Afrique subsaharienne qui compte 25,6 millions de personnes infectées. La fondation Bill et Melinda Gates a investi 140 millions de dollars dans la mise au point de cet implant.

Ce dispositif, qui constitue une alternative à la prise quotidienne de Truvada, consiste en un implant sous-cutané qui délivre sur une durée de six mois à un an des antirétroviraux afin de protéger le porteur d’une éventuelle infection au VIH. L’entreprise ne détaille pas le fonctionnement de cet implant, mais précise qu’il repose sur des mécanismes osmotiques (différences de pression entre liquides) : l’eau des vaisseaux sanguins passe à travers une membrane semi-perméable intégrée dans l’implant, ce qui active une mini-pompe qui diffusera en continu, de manière contrôlée, le médicament dans le corps.

L’avantage principal pour le patient est de se passer d’une prise quotidienne d’antirétroviraux, tel le Truvada, qui a obtenu une RTU (recommandation temporaire d’usage) en France début 2016. Toutefois, il est nécessaire de “remplir” la pompe une à deux fois par an en médicaments, sans oublier que l’installation de l’implant sous-cutané nécessite une opération chirurgicale : deux éléments qui peuvent constituer un vrai frein à l’accessibilité de cet appareil aux populations à risque les plus reculées du monde.

Mais la fondation Gates se veut rassurante. “Il y a un besoin urgent d’offrir à ceux qui sont les plus exposés au VIH une prévention facile dans leur vie quotidienne. Nous sommes optimistes quant à la perspective d’un appareil prophylactique implantable chez les populations qui en ont le plus besoin”, affirme dans un communiqué Sue Desmond-Hellman, PDG de la fondation.

Même si le dispositif conçu dans le traitement du diabète de type 2 devrait être commercialisé courant 2017, pour le VIH, il faudra être davantage patient : l’entreprise pharmaceutique doit encore choisir quels types de médicaments antirétroviraux utiliser et le dispositif devra franchir un certain nombre d’étapes liées aux réglementations des produits sanitaires. Nul doute que la FDA (l’Agence américaine du médicament) accélèrera la procédure si elle accorde au médicament le statut de percée thérapeutique majeure.

La Rédaction avec Sciences et Avenir

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