Alors qu’il était rentré au Cameroun, le week-end dernier, dans une ferveur générale, Rigobert Song divise désormais l’opinion. La faute à un passeport aperçu près de lui dans un terminal de voyage.

La lune de miel semble terminée entre  Rigobert Song et le public camerounais. Une partie de ses compatriotes lui reprochaient déjà l’éloge, trop retentissent à leur goût, fait au couple présidentiel, en guise remerciement pour leur sollicitude dans la prise en charge de ses soins médicaux. C’est autour d’un passeport de venir rompre le consensus national trouvé autour sa personne depuis son accident vasculaire cardiaque du 02 octobre 2016.

En effet, une photo, publiée sur les réseaux sociaux, montre, posé à côté de l’ancien capitaine des Lions Indomptables du Cameroun, un passeport de couleur rouge. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la furia des internautes.

Même si la photo n’est pas très nette, ça ne peut aucunement être un passeport camerounais. Il apparaît même clairement qu’il s’agit d’une passeport français. La conclusion semble aller de soi : Rigobert Song serait donc français. Tout au moins en aurait-il la nationalité.

L’avocat du diable

Alors que la toile s’enflamme, il faut pourtant raison gardée. Même si l’on sait que du Cameroun et de la nationalité, les camerounais ne badinent point. Car rien n’indique, à proprement dire, que ce document appartient à l’entraîneur national des A’.

Dans ce qui est certainement un terminal voyageur, en France, où Song, convalescent, ne voyageait sans doute pas seul ; où il ne bénéficiait pas d’un salon particulier, ce document pourrait appartenir à n’importe qui.

Ce pourrait être celui de son épouse, d’un ami, d’une compagnie de voyage, d’une voisinage sympathique qui s’est effacé pour laisser prendre la photo, etc. Dans l’hypothèse même où il serait celui Rigobert Song, il faudrait encore savoir depuis quand est-ce qu’il en est détenteur.

Comme une trahison

Song français ! L’idée semble choquer une bonne franche de l’opinion. Elle réveille le débat latent sur la double nationalité et ses tensions. Ce pays qui offrent aux valeurs beaucoup moins que ce qu’elles pourraient en espérer, les obligeant à aller chercher fortune ailleurs.

Mais aussi cette double nationalité refuge des brigands, voleurs et pilleurs de la fortunes publique. Passe-droit de ceux qui sont pris dans l’éteignoir de la justice. Lieu d’infiltration et de manœuvres néocoloniales. Bref, tous l’arsenal vicieux  qui rend une partie de la population camerounaise hostile à la reconnaissance de la double nationalité.

C’est donc l’expression d’une immense déception. Car, pour les camerounais, Rigobert Song représente, depuis toujours, comme une sorte d’emblème de patriotisme. L’image parfaite du soldat prêt à se sacrifier pour la patrie.

Parce qu’ils ont veillé, prié pour qu’il s’en remettent ; parce qu’il l’ont célébré avec un sincère enthousiasme pour cette résurrection, découvrir qu’il se sont donnés autant de peine pour un « traître », qui est dans le camp du colon, leur semble, sans doute pas forcément à raison, décevant.

Qui a payé

Là où le débat achoppe le plus, c’est sur le coût, non encore évalué, s’il le sera jamais, de ces soins. Ce séjour médical a été, de la bouche même de Rigobert Song, totalement couvert par le Cameroun. Une évacuation sanitaire, des interventions chirurgicales en urgence dans le cadre très sélecte de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris, deux ou trois mois d’internement et de soins, ça a un prix.

L’on déraisonne dont à souhait pour ne pas accepter qu’une vie française coûte aussi cher au contribuable camerounais. Surtout dans le contexte social et économique actuel. Song, quant à lui, cite clairement Paul et Chantal Biya comme auteurs de cette oeuvre de bienfaisance.

Ce serait donc bien, et contrairement à ce que pense une certaine opinion, de savoir si Rigobert Song Bahanag était effectivement français à la date de son évacuation sanitaire. Pas seulement pour regretter qu’il ait été sauvé par le trésor camerounais. Le Cameroun le lui doit bien une vie.  Davantage pour savoir s’il a jamais pris la mesure de ce qu’il représentait pour ce peuple.

Mais aussi pour s’assurer que les factures mises sur le compte de l’Etat du Cameroun n’ont pas ravitaillé des comptes privés. Des fois que la France, et c’est tout ce qu’il y a de plus coutumier, aurait gracieusement soigné son citoyen.

La Rédaction avec Max Dominique AYISSI: In

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