Fidèle à son franc parler, le maire de Yabassi réagi par rapport à la braderie foncière en cours dans son arrondissement et un peu partout au Cameroun. Des transactions qui se concluent parfois, depuis Yaoundé, sans que les populations concernées n’en soient informées. Il propose en lieu et place de cette république de braderie foncière, une République 4G.

C’est avec grand honneur et plaisir que je me livrerai toujours au dur ô combien laborieux exercice de construction nationale pour la prospérité de tous car cette priorité décisionnelle n’a toujours presque jamais été prise en compte en matière de développement local dans notre pays. Seuls comptent les intérêts de groupuscules et des individus ; les générations suivantes peuvent crever et crèvent d’ailleurs jusqu’à ce jour en silence dans l’indifférence totale des gouvernants préoccupés par leur sécurité personnelle et assurance confort de fin de vie.

La commune de Yabassi comme de nombreuses communes de la république subit une braderie foncière au profit de multinationales sans cahiers de charges ni prises en compte de l’intérêt du Cameroun, des populations riveraines et encore moins des générations futures du fait de l’ignorance de ce que représente le foncier agricole en matière de croissance durable pour notre économie et notre environnement. Que direz-vous d’un père qui vend tout en laissant en héritage à sa postérité l’endettement alors que les terres sont vendues sans le consentement des descendants ? Que deviendront des enfants ayant hérité les dettes de leur père sans actifs réels pour le remboursement des prêts contractés ?

Eh bien, ces enfants devront travailler de gré ou de force aux conditions inhumaines voire esclavagistes des propriétaires fonciers pour payer l’ineptie de leurs ascendants car les dettes sont transmissibles de père en fils en matière de gestion nationale que vous le vouliez ou non ; ainsi va la république.

Tous les économistes inclus nos agrégés yaoundéens le savent très bien. La terre est un facteur de production déterminant et le profit qui en résulte appartient au propriétaire foncier. L’agro-industrie mal déployée appauvrit les communautés locales et devient un véritable désastre socio environnemental à terme si l’intégration paysagère n’est pas prise en compte (exemple Dibombari, Bomono, Mpouma etc …). Ces populations sont d’une extrême pauvreté moyenâgeuse indescriptible.
Dans le modèle économique de croissance de HARROD et DOMAR SOLOW deux grands économistes américains, on distingue quatre facteurs de production : la terre, le capital, le travail (les hommes ou main d’œuvre) et un quatrième appelé le progrès technique ou l’innovation. Sans la terre en ce qui nous concerne, nous ne sommes rien.
A long terme ce régime ne serait plus à même d’innover et de créer des richesses pérennes. Le seul argumentaire ou dossier contenu dans les négociations internationales avec les bailleurs de fonds se résumera alors en un seul fichier : République en détresse: Villages, terres, sous-sols à vendre et populations cadeaux
Nous subissons véritablement et profondément un régime destructeur par pillage du Cameroun (R.D.P.C). Raison pour laquelle, je propose à tous nos chefs de villages et communautés une République de quatrième génération (La République 4G) où les terres seront un apport des communautés riveraines dans tous les projets agroindustriels et énergétiques à concurrence de vingt pour cent (20%), au prorata des bénéfices générés, 10% reversé au développement communal, 5% aux villages concernés et 5% au développement national.

Ce qui voudrait dire que sur un projet agroindustriel de cent mille hectares (100 000 ha) par exemple basé dans une commune, si le bénéfice agricole minimum est de dix mille Fcfa (10 000 f cfa) par hectare par an, le bénéfice total serait de 100 000 x 10 000 = 1 000 000 000 de Fcfa (un milliards de Fcfa). En prélevant les 20% de souveraineté foncière annuelle, nous aurions 200 millions répartis comme suit : 100 millions au développement communal, 50 millions au développement des villages et 50 millions au trésor national pour péréquation au titre de la solidarité nationale.

Dans la République réelle que je vous propose de construire ensemble, les exploitations agroindustrielles seront des entreprises à capitaux mixtes. Les terres étant l’apport des riverains à 20% non négociable. Le chefs de cantons étant d’office membres du conseil d’administration des société agricoles pour le suivi et le contrôle de gestion avec avantages et intérêts chiffrés à 250 000 Fcfa par mois de net à payer es qualité de membre du conseil d’administration et ce serait justice. C’est ce que j’entends par décentralisation réelle et République réelle.

Nous sommes actuellement une République virtuelle. Ensemble passons à la république réelle pour un Cameroun libre, démocratique, impartial, juste, d’abondance et de prospérité collective sans distinction de tribus, de religions, de langues, d’appartenance philosophique. Un Cameroun qui offre une égalité de chance aux citoyens de la ville et de la campagne pour que vivent nos institutions et que vive la République.

Je vous propose de construire une République de confiance où l’électeur a confiance en l’élu, l’élève a confiance au maître, le peuple a confiance en ses valeurs et sa culture et où la nation a confiance en elle-même, je vous propose de tourner la page d’un régime destructeur par pillage du Cameroun (r.d.p.c), car notre souffrance a trop duré et deviendra pire avec ces villages à vendre qu’ils projettent en silence à l’horizon.

Nous devons tous sans exception, nous lever en peuple souverain, libre, et maître de notre destin pour stopper ces ennemis de la république dans leurs sales besognes et faire valoir l’intérêt général et les valeurs fondamentales de la république.

Raison pour laquelle, j’appelle le Cameroun profond tout entier à s’inscrire massivement sur les listes électorales et obtenir des cartes d’électeurs pour rétablir la justice démocratique tant attendue dans ce pays seule capable de mettre un terme au pouvoir absolu qui compromet désormais notre vivre ensemble dans une union fraternelle pour la prospérité de tous.
Mes chers amis, pour emprunter aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, je dirai que la configuration matérielle du régime en place n’est pas à même de supporter le système d’exploitation des exigences actuelles de la prospérité collective et individuelle des camerounais. Ce régime est donc bon pour la casse. Nous devons le remplacer par un régime de nouvelle génération aux caractéristiques et configurations matérielles très évoluées qui pourra supporter le système d’exploitation et génie logiciel à même de développer durablement ce pays, générer la prospérité collective de la nation et faire retentir en tambour notre pays sur le plan national et international par ses résultats et performances.

Pour que vive le Cameroun et que vive la République.

Jacques Maboula Mboya, maire de Yabassi.

Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de camersenat.info.

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