Le ministre camerounais de la Communication avait accusé le mensuel de publier des articles susceptibles de détruire la stabilité des institutions et  de travestir la perception que le monde peut avoir du Cameroun.

François Soudan, est l’auteur de l’article «Cameroun: Jeune Afrique, le ministre et le Président» publié ce mardi sur le site du journal, en réponse aux accusations de ministre Issa Tchiroma Bakary. Avec humeur, le directeur de la rédaction de Jeune Afrique réagit à la communication de ce cadre du gouvernement selon laquelle le journal privilégie des articles susceptibles de détruire la stabilité des institutions, des valeurs locale ainsi que de travestir le regard populaire sur la nation camerounaise.

«Attention ! Le journal que vous tenez entre les mains est un brûlot toxique dont vous seriez bien avisés de vous débarrasser au plus vite, sous peine d’être fiché S. Média de la haine et Daesh de la pensée, rédigé chaque semaine par une meute de hyènes dactylographes et camerounivores, Jeune Afrique n’a qu’un but : plonger le pays de Paul Biya dans le chaos. Tel est en substance l’avertissement sans frais lancé par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, au cours d’une longue conférence de presse entièrement consacrée au «cas» Jeune Afrique», lance d’entrée de jeu François Soudan avant de citer des articles dans lequel leurs journalistes ont traité avec positivité l’actualité nationale. Objectif : apporter un démenti au fond de la pensée de Tchiroma qui avait étayé ses propos avec une dizaine de titres «provocateurs». Notamment, «Cameroun. Paul Biya, jusqu’à quand ?», «Cameroun, petit peuple, grand péril», «Cameroun : 1982-2012, de Biya à Biya», «L’Intifada des Anglophones»…

«L’analyse de contenu à laquelle se livre M. Tchiroma est – pour le moins – sélective. Tout à son idée de démontrer que Jeune Afrique ne parle que de ce qui ne va pas au Cameroun et jamais de ce qui va, il zappe tout simplement les articles qui contredisent sa thèse. En septembre 2016, puis début février 2017, deux dossiers à cette « résilience », justement saluée sous le titre « À toute épreuve » et largement développée dans nos colonnes. À la trappe également – ne serait-ce que pour l’année écoulée – « Les 50 qui feront le Cameroun », les entreprises camerounaises distinguées à plusieurs reprises comme « start-up de la semaine » et bien sûr notre cover sur le déclin du principal parti d’opposition (« SOS SDF », il y a trois mois)», poursuit François Soudan.

Le journaliste français accuse également le ministre camerounais de transformer des titres d’articles ou des unes «neutres» en «intentions maligne». Après consultation desdits textes, Journal du Cameroun constate que certains des articles incriminés (Comment le Cameroun a-t-il pu gagner la CAN ?, Cameroun : de Biya à Biya et le dossier intitulé Cameroun : que veulent « vraiment) les Bamileke ?) sont un récit des faits survenus et certainement avérés – Tchiroma ne remettant nullement en cause l’authenticité des informations -, surement par respect à cette règle du journalisme qui prône la sacralité des faits.

Cynisme et critiques dans les lignes

Le droit de réponse rédigé par François Soudan abonde de critiques acerbes tant à l’endroit du ministre de la Communication mais aussi à l’égard des journalistes camerounais. Les expressions utilisées frôlent parfois l’insulte, lorsqu’elles  ne le sont pas tout simplement. C’est ainsi que parlant du ministre, le journaliste écrit «ministre de la Com donc, tendance vuvuzélateur (mais c’est la règle du genre), que les duretés de l’archipel carcéral ont rendu plus cynique qu’humaniste et qui a fait de notre journal son souffre-douleur récurrent. Cette fois, c’est pour juger de l’ensemble de notre œuvre depuis 2011… Que ce septuagénaire aux éternelles et impeccables gandouras a convoqué un aréopage de journalistes… Issa Tchiroma Bakary c’est un peu Lambert Mende, son collègue de la RD Congo, le talent en moins.».

S’agissant du traitement journalistique qui avait fait suite à la communication gouvernementale, Jeune Afrique dit n’«avoir pas connu semblable diatribe depuis le Sékou Touré des mauvais jours.» François Soudan enfonce le clou en se référant à la maxime d’un certain Talleyrand «tout ce qui est excessif est insignifiant et ne mérite donc pas d’être commenté».

De la satire «Cameroun : Jeune Afrique, le ministre et le Président» publiée sur le site de Jeune Afrique, le rédacteur de Journal du Cameroun croit déceler une intention de rassurer la plus haute institution de l’Etat du Cameroun, notamment le président. Nul n’était besoin de  rappeler l’épisode de la prison de Tchiroma.

La Rédaction avec lejournalducameroun

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