Des experts de la CNUCED réunis à New York mercredi 26 octobre 2016, ont attiré l’attention, sur les risques que pose la dette souveraine (celle émise par les Etats sur les marchés internationaux) sur l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD), notamment pour l’Afrique subsaharienne. « Les pays d’Afrique ont accumulé les dettes, alors même que leurs capacités à les rembourser se sont rétrécies. La baisse des prix des matières premières, la hausse du dollar et la perspective de paiements d’intérêts plus élevés rendent ces dettes peut être plus difficiles à refinancer que jamais », ont-ils fait savoir dans le communiqué adressé par email.

Selon Mukhisa Kituyi (photo), le secrétaire général de la CNUCED, la dette souveraine ne peut pas bénéficier des mesures de protection contre la faillite ou de restructuration, comme c’est le cas pour la dette privée. Mais même si les actifs publics ne peuvent faire l’objet de saisie, l’incapacité à rembourser pour un pays, le prive d’accès au marché des capitaux, et donc de la possibilité de faire face à ses besoins de liquidités.

En septembre 2015, à la suite à des travaux effectués par la CNUCED, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté une résolution indiquant que les processus de restructuration de la dette souveraine devraient être élaborés et guidés par les principes fondamentaux du droit international, tels que la souveraineté, la bonne foi, la transparence, la légitimité, le traitement équitable et la durabilité.

La rencontre de ces experts visait à répondre à des questions préalables à une telle démarche. Dans les faits, on relève pour ce qui est de l’Afrique (hors Afrique du sud) que depuis le premier eurobond émis par les Seychelles en 2006, 13 pays ont suivi le mouvement, mobilisant jusqu’à récemment encore un montant total en principal (sans compter les intérêts et autres frais) de 38 milliards $. Des experts font remarquer que ce modèle de financement du développement manque de pertinence, car les déterminants des coûts de facteurs qui en découlent (volatilité du marché international des capitaux, prix des matières premières et niveau global de liquidité dans le monde), échappent totalement à ces pays africains.

Les difficultés qu’ils connaissent aujourd’hui à rembourser leurs dettes se traduisent par le rôle prédominant que joue de nouveau le Fonds Monétaire International dans la région. Il a déjà porté secours aux Seychelles qui tardent encore à sortir du piège de l’endettement. Le Ghana a sollicité un appui et aussi le Mozambique, la Zambie et la Côte d’Ivoire, soit pour stabiliser leurs positions extérieures, soit renforcer leur espaces budgétaires. Il n’est pas exclu, que des pays comme la République du Congo ou le Cameroun suivent le même chemin.

La Rédaction avec ecofin

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