Depuis les trois quarts de siècle qu’a émergé la problématique du sous-développement, les causes en ont été trouvées dans l’histoire, la géographie, les populations ou les rapports de domination, avant de se focaliser actuellement sur la gouvernance.

Ces causes ont souvent obéi à des effets de mode et en dépit des efforts, aucune n’a suscité de consensus scientifique. A la vérité, en se limitant à l’analyse de ses symptômes, les économistes ont surtout élaboré une sociologie du sous-développement, sans saisir le phénomène dans ce qu’il a d’intrinsèquement anormal : la paralysie du capital humain d’une communauté, du fait de sa mauvaise insertion dans l’économie internationale.

Cette mauvaise insertion découle d’une loi fondamentale liée à l’économie géographique : dans tout ensemble économique, le développement industriel structure l’ensemble en un système polarisé et hiérarchisé en imposant un rôle spécifique aux diverses agglomérations. La loi déborde les espaces nationaux et s’étend sur plusieurs continents, insérant chaque pays dans un inextricable réseau de relations d’interdépendance qui définit sa marge de manœuvre, autrement dit, sa capacité à engager une action de développement sans être entravé par les autres.

Lorsque le commerce international repose simultanément sur la totale mobilité des biens et capitaux, les migrations contrôlées des populations, l’équilibre de la balance courante et la commensurabilité des monnaies, le jeu devient trop contraint et le système économique international ne dispose plus de la souplesse nécessaire pour s’ajuster au profit de tous.

C’est le Grand Corollaire du Commerce International qui, dans sa formulation générique, énonce qu’un monde basé sur ces 4 conditions ne peut jamais conduire au développement de tous ses pays. La persistance du sous-développement ou plus exactement, des états occlus en expriment l’impossibilité.

Les origines du sous-développement sont ainsi logées dans le cœur de la science économique elle-même, les causes généralement évoquées n’en étant que l’expression ou des facteurs de risque et d’aggravation. Il s’agit donc bien d’une pathologie liée à l’incohérence entre un monde politique plombé dans l’égoïsme des nations, et un monde économique, fondé sur l’universalité de la science et des échanges.

La Monnaie Binaire qui découple le système économique en deux réseaux monétairement indépendants introduit un mécanisme d’ajustement qui supprime la paralysie des facteurs de production stérilisés par cette mauvaise insertion. Ce faisant, elle rétablit la conformité entre le monde économique et le monde politique, détruit les divers verrous qui transforment l’économie mondiale en un système incohérent, tout en préservant les acquis. Elle apparait comme une solution radicale, indépendante des idéologies et des systèmes économiques, ce qui est bien la preuve que le sous-développement ne se rattache pas génétiquement aux causes traditionnellement évoqués et qu’il aurait toujours apparu indépendamment d’eux.

En révoquant les autres facteurs comme à l’origine du sous-développement et l’impossibilité d’en sortir avec les techniques éprouvées jusqu’à ce jour, la théorie de la Monnaie Binaire ne révoque pas la nécessité des réformes. Elle prouve simplement qu’une économie condamné par les lois d’une

Firmose développe, amplifie ou perpétue les dysfonctionnements et qu’on ne peut en sortir qu’en modifiant les règles de la Firmose. Mais comme toute solution technique, la binarisation ne peut fournir sa pleine mesure que si elle s’accompagne de mesures adjuvantes, de nature économique et politique, telles que la rationalisation de la décision économique, la gouvernance, la planification ou les regroupements régionaux.

Nti Dieudonné ESSOMBA
Président de l’Ecole Africaine de l’Economie Contemporaine
(Institut TCHUNDJANG)
(Extraits de la Monnaie Binaire)

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