Douala – EbugntiEn invitant Mbombog Bassong pour parler de la Résurrection du Christ, un soir de Pâques, dans son émission « L’Arène », la chaîne a profondément heurté les croyants chrétiens.

Que recherchait exactement Canal2 International en invitant un pourfendeur de la foi chrétienne pour parler de la Résurrection du Christ, au soir de Pâques ? La question s’est sans doute imposée à bien des observateurs ce dimanche 16 avril 2017.

Si un professionnel de la télévision estime que « c’est surréaliste », l’erreur de casting parait grossière, selon que l’on estime que la méprise s’est faite de bonne foi.

Ce que l’on peut reprocher à la chaîne, ce n’est surtout pas le choix de son invité. Elle est souveraine en la matière. Pour autant que l’on considère que la télévision est à la fois un produit et un service. Qu’à ce titre, le public cible est le principe premier de tout bien destiné à la consommation.

La télévision a beau être un instrument de loisir et sans doute pour cela précisément, il faut convenir qu’elle est d’abord un bien de consommation. A quel public « L’Arène » s’adressait-elle donc ce dimanche soir ? Sans doute pas aux chrétiens qui achevaient, par les célébrations pascales, quarante jours de désert (prière, partage et pénitence) sur le chemin du salut.

C’est une conviction, une confession de foi qui, dans un Etat laïc comme le Cameroun, mérite d’être respectée. Ce n’est certainement pas à ces milliers de catéchumènes, qui ont choisi, lors de la veillée pascale, de rejoindre le peuple de Dieu, après des années de préparation, dans le baptême et le partage de l’eucharistie.

Sans doute non plus à ces nombreux parents, parrains et marraines, qui ont confié à l’Eglise leur progéniture et à qui elle a retourné la tâche de veiller à leur maturation physique, morale, intellectuelle et spirituelle, en leur servant de modèle. Pas plus qu’à tous ces jeunes qui, enthousiastes et émus, ont reçu le baptême et communiés pour la première fois. Célébrant ainsi le premier événement majeur de leur jeune existence.

Volonté de nuire, incompétence ou ignorance ?

Canal2 a-t-il donc été commis pour porter atteinte à l’image du Christ, de la foi et de la religion chrétienne ? Il faut croire qu’un soir de Pâques, la chaîne a voulu satisfaire la part de son public qui est dans le déni de cette célébration. Notamment cette franche qui pense que la renaissance africaine passe par la mort de la chrétienté.

Mais rien n’est moins sûr ! Le panel de l’émission plaide même en faveur d’une intention qui, à défaut d’être noble, serait moins nuisible qu’elle n’y paraît. Car la réalisation a invité, comme à l’accoutumée, des journalistes plus ou moins aguerris sur la question, pour mener la contradiction.

Lesquels se sont déployés avec leurs moyens, parfois avec militantisme et émotion, pour amener l’invité aux limites de son ignorance. Ce qui n’était pas vraiment nécessaire, face à un discours réactionnaire, populiste, vide, sans repères historiques et en déficit criard de pertinence.

Mais à la vérité, et la chaîne ne le démentira pas, c’est bien à la négation de la Résurrection qu’elle a donné à s’exprimer ce Dimanche de Pâques. Un soir où le prétexte donnait pourtant à saisir la pertinence, la profondeur et l’actualité de cet événement bimillénaire qui parle de tout temps et à toutes les générations.

Un événement qui, contrairement à l’incurie qui s’est déclarée sur ses antennes, est célébré dans tous les continents, par toutes les races et cultures. Un événement qui s’incarne et se réincarne dans toute vie, existence, toute culture. Un exercice pour lequel un théologien, et il y en a au Cameroun, ou un clerc affûté aurait été contribuable.

Pour parler de cette Pâques qui brise la solitude des cultures, des nations, des races, des tribus, des ethnies, des langues. Un événement qui nous parle, à nous camerounais, plus que jamais et à l’occasion duquel l’on aurait pu sonder autre chose que la tentative afro-réactionnaire d’invalider ce que juifs, grecs et romains ont, en leur temps, tenté sans succès et qui s’est imposé à eux comme une réalité implacable.

La sonnette d’alarme

Ce qui s’est passé ce dimanche soir sur Canal2 International n’est donc pas une simple méprise. Cela va au-delà de la faute professionnelle, dépassant la gravité d’un acte de mauvaise foi. C’est proprement de l’irrespect envers la foi des chrétiens. Une atteinte à leur foi. Une dérive qui aurait sans doute pris d’autres proportions s’il s’était agit d’une autre confession religieuse.

Cela interpelle en premier les chrétiens, dans la mesure où il y en a dans la production de cette émission. Afin qu’ils se sachent, en tant que membres du corps du Christ, le lieu de dépôt de la foi, et en soient les principaux gardiens. Les autorités publiques, pour qu’elles veillent à ce que les valeurs qui fondent le vivre-ensemble et le respect mutuel ne soient pas continuellement bafouées au nom de la liberté et de la tolérance. Enfin, les acteurs des médias eux-mêmes, afin qu’ils ne s’autorisent d’aventure, si souvent utile, sur des terrains inconnus que sous le contrôle d’une expertise autorisée.

La Rédaction avec Max Dominique AYISSI in ebugnti.wordpress.com

 

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