L’élue du Mayo-Kani nord a rendu l’âme dimanche à Garoua.

En novembre 2013, Madjele vit un rêve inespéré. Pour la première fois de sa vie, elle entre au Palais des verres de Ngoa-Ekellé, siège de l’Assemblée nationale du Cameroun. Elle est pourtant née à Yaoundé… Quelques semaines plus tôt, après de nombreuses batailles et polémiques, elle était élue députée pour le Mayo-Kani nord (région de l’Extrême-nord). D’où l’émotion qu’elle essayait de décrire de tous ses mots, après la session de plein droit au cours de laquelle elle avait porté ses attributs.

La députée vivait le moment comme une consécration. La récompense de plus de 30 ans de militantisme acharné et de combat contre les préjugés. Madjele est née à Yaoundé le 04 mars 1958. En 1981, elle se lance en politique, dans un environnement où la place de la femme est dans les casseroles.

La jeune enseignante rejoint les rangs de l’Union nationale du Cameroun (Unc), parti pour lequel elle militera jusqu’à sa mutation en Rdpc, en 1985. Elle commence à gravir les échelons pour devenir, en 1986, la présidente de la sous-section Ofrdpc de Lopéré, un quartier de Kaélé dont elle est originaire. Cinq ans plus tard, elle gagne la présidence de la section Ofrdpc du Mayo-Kani. Dès lors, Madjele force le respect des hommes, qui lui confient la trésorerie de la section Rdpc du même département. En 1997, elle est élue 2ème adjoint au maire de Kaélé.

On l’appelait Oss 117

A une époque de sa vie politique, la députée a rejoint l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de Bello Bouba. Une trajectoire qui a contribué à accentuer la polémique lors de la course à l’investiture. Certains l’ont présentée comme une traitresse. Elle, déclarait alors qu’elle était en mission, étant donné qu’à son départ de l’Undp, elle avait réussi à convaincre de nombreuses femmes d’intégrer le Rdpc. Une mission dont l’enseignante à la retraite, reconvertie au commerce, se targuait.

L’honorable Madjele n’aura pas eu le temps d’achever sa mandature. Dimanche, elle est décédée dans la ville de Garoua des suites de maladie. Elle s’y était rendue pour recevoir des soins appropriés. A Kaélé où Madjele résidait, les femmes et les jeunes, principales cibles de ses actions politiques, pleurent une élue accessible et à l’écoute de leurs préoccupations.

Ses proches l’appelaient « Oss 117 ». Un surnom qu’elle affectionnait particulièrement. Il lui rappelait les romans de fiction qu’elle dévorait lorsqu’elle était jeune.

La Rédaction avec journalducameroun

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