Difficile de ne pas se poser la question de savoir à quoi servent concrètement les nombreux conseillers qui gravitent autour du couple présidentiel Camerounais. Pas besoin en effet d’être un spécialiste en la matière pour arriver à cette conclusion indiscutable: Paul et Chantal BIYA de retour au pays dimanche dernier après 39 jours d’absence (14/09/2016 – 23/10/2016) ont sans vergogne et en tous points de vues raté le coach. Compte tenu du contexte marqué par le drame du déraillement de Éséka, deux ou trois choses auraient dû figurer dans le déroulé de ce retour aux allures précipitées. Normalement, il revenait aux différents proches collaborateurs de régler ces petites questions, toujours en veilleuse.

D’abord et inéluctablement la mise vestimentaire de l’épouse du chef de l’État. On a beau affirmer selon l’adage que “les goûts et les couleurs ne se discutent pas“, mais débarquer dans son pays flanqué du rose dominant (couleur qui symbolise l’amour comme sur la photo en illustration), 48h seulement après le décès tragique de plusieurs dizaines de compatriotes représente en elle seule une posture qui questionne. Pire, lorsqu’on symbolise pour les siens, outre le statut quasiment institutionnalisé de première dame, mais qu’on veut présenter au peuple tout entier l’image de l’incontestable “dame de cœur“.

Ensuite la prise de parole du numéro 1 Camerounais. Au delà de ce qu’il n’a échappé à personne que dans l’échelle des priorités ce dernier a évoqué les dégâts matériels avant les morts dans son speech à l’aéroport, il se trouve que c’est une réaction qui était en réalité attendue le jour de la survenance même du drame et ce, quel que soit l’endroit du monde ou il se trouvait. De retour au pays, le président aurait semblé plus pertinent en prenant la parole de manière quelque peu solennelle, comme par exemple s’adresser à la nation toute entière de manière improvisée comme il le fait souvent le 10 février ou le 31 Décembre, question d’exprimer son immense compassion suite à l’horreur. Et de cette prise de parole, le téléspectateur ou l’auditeur devait nettement percevoir: la mine sévère (qui a dans une certaine mesure fonctionné), l’intonation, le tempo, la tonalité, etc…

En adoptant l’option qui semble avoir été privilégiée à savoir ne pas se déplacer pour aller au contact des gens, certains clichets auraient dû se mettre en branle pour essayer de combler ce vide. Le président de la République aurait pu recevoir et échanger dans les loges de l’aéroport avec le préfet, le procureur de la république ou n’importe quelle autre autorité administrative ou municipale du coin. Un geste si simple mais profond symboliquement qui aurait eu pour effet de susciter et fédérer d’avantage solidarité et recueillement des compatriotes. Le président de la République et son peuple auraient alors vibré au même diapason dans le chagrin et la douleur.

Mais en vérité, les conseillers du couple présidentiel se devaient de mettre l’accent sur une visite inopinée à des endroits bien précis. Dans la matinée du Lundi jour de deuil national, il aurait été pourquoi pas par hélicoptère faire un tour flash à Éséka exprimer sa profonde compassion mais aussi congratuler les secouristes-sinistrés populations, rendre visite pour communier avec les accidentés dans les centres hospitaliers, et terminer en beauté à la messe en la cathédrale Marie reine des apôtres de Yaoundé. Sans être dans le cœur des familles des victimes, je suis certain que ces petits gestes d’attention auraient été d’un grand soulagement pour le peuple.

Rien de bien compliqué, tout ce qu’il y’a de simple et faisable, sans avoir besoin de grands moyens ou d’un déploiement spectaculaire. Juste une volonté, une marque d’attention, un geste d’affection qui témoigne de la considération qu’on a pour des compatriotes frappés par un malheur, à la suite d’une catastrophe de cette ampleur que nous savons tous. Ces petites choses sont des formalités ailleurs, car relevant d’une question de logique. Chez nous celà semble encore relever du miracle. Soit parce que le Prince n’écoute personne si ce n’est lui et lui seul, ou alors les conseilleurs sont incompétents, et donc pas à leurs places.

En allant s’installer en toute quiétude dans son bunker de palais présidentiel (pour combien de temps à l’occasion de son court séjour privé en terre Camerounaise), Paul BIYA réaffirme un message qui constitue sa marque de fabrique. À savoir qu’il y’a deux Cameroun: celui de sa famille biologique restreinte et lui, et celui de ses créatures à l’extérieur de la grosse barrière d’Étoudi.

Armand Okol: journaliste camerounais

À lire aussi:

Football: 139 Billion CFA Francs for Olembe Sports...  Cameroon government has signed a loan agreement worth 139 billion CFA Francs with Italy for the construction of the Olembe sports complex. The Min...
Cameroun-Douala : Un agent de sécurité littéraleme... La scène horrible s’est  déroulée ce  mardi 3 janvier 2017 dans l’après midi au port à conteneur de Douala. Selon les témoins du drame, c’est au momen...
Cameroun: Plus de 6 millions de personnes inscrite... La campagne d’inscription sur les listes électorales 2016 s’est achevée le 31 août. A l’issue de ces opérations ouvertes le 01e janvier, Elections Cam...
Online Full Movie Boo 2! A Madea Halloween (2017) Boo 2! A Madea Halloween (2017) Release : ...
loading...
Share.

About Author

Votre commentaire

Close