Le coordonateur de l’offre orange  et secrétaire permanent de la plate forme de la  société civile pour la démocratie au Cameroun Hilaire Kamga désapprouve la commission d’enquête mise sur pied par le chef de l’état Camerounais à travers un décret pour établir la lumière sur le déraillement du train. Dans un entretien accordé à nos confrères de radio Equinoxe, il explique les raisons de ce rejet.

Radio Equinoxe : Moins  d’une semaine après l’annonce d’une commission d’enquête sur la catastrophe d’Eseka, elle est mise en place. D’entrée de jeu est-ce qu’on peut saluer la célérité avec laquelle le gouvernement a procédé pour la mise en place de cette commission ?

Hilaire Kamga : Voyez-vous on pouvait parler de célérité si en faite c’était  une commission qui répondait aux critères d’une commission nécessaire en pareil circonstance. Mais on note  malheureusement que monsieur Biya a bien  voulu tuer la commission qui était attendu. Il aurait fallu simplement qu’il déclara qu’il a  confié ce travail à son gouvernement. Parce que voyez-vous il s’agit d’une gestion technique qui interpelle les experts. Aujourd’hui on nomme tout le gouvernement pour pouvoir s’occuper de cette commission. C’est contraire à ce que nous avions attendu, c’est contraire à ce que les camerounais attendaient. Cette commission ne peut pas produire le type de rapport qu’on attend. On attendait compte tenu de la situation qui est grave, une commission d’enquête indépendante dans laquelle le gouvernement n’aurait pas une influence  suffisante. Mais il va de soit que en confiant à son gouvernement cette enquête sans qu’il y ait une personne extérieur,  on n’est presque sûr qu’on n’aura pas un résultat qui soit claire. On n’aurait attendu avoir dans cette commission des représentants de structures neutres qui ne sont pas sous influence gouvernementale parce qu’il est presque établi aujourd’hui qu’il y a une responsabilité gouvernementale aussi dans cette affaire. Dès lors que les contrats de concessions qui ont été faits à monsieur Bolloré ont été l’œuvre  de son gouvernement, et ce gouvernement ne peut pas se faire arrêter. Donc il était important d’avoir  des membres de la société civile camerounaise, même des représentants d’institutions spécialisées au niveau internationale, compte tenu du niveau du crime, parce qu’il ne faut pas oublier  qu’en 2009 il y a eu les mêmes accidents sur le même rail et il y a une enquête qui avait été proposée. À ce jour, on n’a pas toujours le résultat de l’enquête. Donc fort de ce précédent, on n’attendait une commission qui soit indépendante.

R.E : Mais il faut quand même noter que dans le décret du président de la république la commission mise en place a la possibilité de travailler  avec les organismes tant nationaux qu’internationaux pour apporter plus d’efficience à ses missions.

H.K : Pourquoi faire compliquer si on peut faire simple? Qu’est ce qui a empêché à monsieur Biya Paul de pouvoir mettre en place une véritable commission indépendante, qui ne dépend pas du gouvernement qui pour une bonne partie dépend de monsieur Bolloré ? Pourquoi attendre que  le gouvernement sollicite les experts  internationaux ou nationaux alors qu’on n’aurait pu nommer une commission qui a toute la liberté non seulement pour enquêter mais aussi pour rendre compte à monsieur Biya et au public camerounais qui attend ? Aujourd’hui la commission  mise en place c’est le gouvernement camerounais et ce gouvernement camerounais à des choses à se reprocher dans sa vigilance. Pour cela nous disons que monsieur Biya a tué la commission que nous attendions.

R.E : Alors le président de la république a fait le choix de confier cette commission d’enquête aux membres du gouvernement. Cependant il ya quand même des ministères qu’on se serait   attendu à voir dans cette commission notamment le ministère des transports, de la santé public qui sont absents. Pour vous quelle peut être l’analyse ?

H.K : C’est une manière aussi de distraire l’opinion. Parce que vous savez très bien qu’aujourd’hui le ministère du transport, surtout le ministre du transport semble avoir des choses à se reprocher  dans cette affaire là. Et bien entendu la commission d’enquête je ne vois pas pourquoi le ministère de la santé devait y être. Les questions de santé sont les questions qui sont post incident. On parle là de la suite sur l’accident, sur l’incident et sur les circonstances. Donc les sphères du ministère de la santé ne devraient pas y être. Mais simplement comprenez  qu’il est tout à fait indécent de penser que c’est un gouvernement. C’est la première fois  au monde où on voit qu’on nomme pour des choses aussi techniques tout un gouvernement pour  aller faire une enquête dont les conclusions vont être rendues dans un mois avec les lourdeurs administratives et les éléments de corruption qu’on sait. Voyez vous madame, il n’y a pas de possibilité de donner un certain crédit à cette commission. Nous osons croire que monsieur Biya pourra corriger pour  au moins rendre un peu de crédit à ce que tous les camerounais  attendent.

                                                                                                                  Rodrigue Djengoué: camersenat.info

 

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