Le ministre du commerce a signé le 9 août 2016 un arrêté fixant les prix des livres et manuels scolaires au programme de l’année scolaire 2016-2017 au Cameroun

Certes disponibles dans certaines librairies et points de vente depuis le mois de mai 2016, l’achat des livres et manuels scolaires constitue un véritable casse-tête, surtout pour les parents aux revenus modestes. En effet, chaque année, différents éditeurs publient des manuels scolaires. Une volonté voilée par un bazar, car il est difficile pour les parents de distinguer dans cette panoplie de manuels scolaires, ceux qui sont au programme et ceux qui ne le sont pas.

Pour permettre à tous d’y voir clair, le ministre de l’enseignement secondaire a sorti une liste de manuels scolaires au programme de l’année 2016-2017. Cette liste est disponible depuis le mois de mai 2016. Les manuels sélectionnés sont nouveaux, les moins récents datent de 2014. Ladite liste est constituée d’au moins quatre ouvrages par enseignements et par niveau. Il revient aux établissements de choisir un des quatre ouvrages proposés par le ministère.

À cette liste de manuels, des règles strictes sont associées, signées par le ministre du commerce. La vente des manuels scolaires est exclusivement accordée aux librairies. Comme en 2015, les établissements scolaires ne sont pas autorisés à les vendre cette année.

L’arrêté du  ministre du commerce fixant le prix de vente maxima des manuels scolaire au programme sur l’ensemble du pays consiste à éviter que les librairies ne s’adonnent à des arnaques.  C’est pourquoi la liste des manuels et leurs tarifs doivent être affichés à l’entrée de chaque librairie. Les tarifs  doivent être respectés par les libraires sous peine de sanction.

Cependant, tous les libraires ne souscrivent pas à cette règle. En rappel, l’arrêté du ministre du commerce du 9 août dernier fait suite à une négociation avec les éditeurs et distributeurs des  livres et  manuels scolaires.

L’option du « poteau »

À côté de l’offre des librairies, des vendeurs ambulants  proposent aussi aux parents des livres de seconde main, à des prix abordables. « Je peux vendre un livre qui coûte 6.000 Fcfa en librairie à 2.500FCfa », confie William Keubou, bouquiniste au marché Mokoloà Yaoundé. Comme lui, beaucoup d’autres marchands ont envahi la rue avec des livres sur les étals.

Dans la plupart des cas, ce sont des livres usés, déjà utilisés par au moins une personne. Au quotidien, leur activité consiste à vendre les livres aux parents et à faire des échanges soit entre un livre et de l’argent, soit entre un livre et un autre. William explique le principe qui gouverne ces échanges : « quand un parent apporte un livre, nous en fonction de son état nous lui proposons un prix. Les montant des échanges entres les livres de l’école primaire varient entre 300 et 700 Fcfa. Ceux de l’école primaire oscillent entre 1000 et  3.000 Fcfa ».

Pour William, l’offre est bonne, surtout qu’il existe un service après-vente, ce qui n’est pas toujours le cas en librairie. Il est possible pour un parent de revenir auprès d’eux changer un livre acheté. D’ailleurs, william estime que ses collègues bouquinistes et lui ont « gagné la confiance des parents ».

En plus des livres de seconde main, certains bouquinistes disposent des livres neufs, qu’ils vont eux même chercher auprès des éditeurs. Ils travaillent en équipe pour que la demande soit toujours satisfaite. « Si un parent demande un livre que nous n’avons pas sur notre comptoir, nous avons la possibilité de courir vers nos collègues le chercher afin de satisfaire la demande, affirme un autre vendeur au « poteau ».

Ces efforts n’ont tout de même pas convaincu certains parents qui restent sceptiques : « je vais souvent au poteau pour acheter les livres mais c’est avec beaucoup de prudence. Certaines personnes peuvent revendre les livres volés et nous courrons un risque en les achetant », souligne Roger T, parent d’élève. Malgré ces réserves, le « bon prix » des livres du poteau fait accourir plusieurs parents aux revenus modestes.

Réactions d’un libraire

Interrogé sur l’arrêté du ministre camerounais du commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, fixant les prix des livres au programme de l’année scolaire 2016-2017, Eric Fono Fono fait partie de ceux qui se conforment à la réglementation. « Nous respectons les prix donnés par le ministère du Commerce » a-t-il laissé entendre.

« Pour satisfaire les parents, nous sommes déjà allés à la rencontre de nos différents fournisseurs pour entrer en possession des livres. Certains livres sont disponibles déjà et au fur et à mesure que la rentrée va approcher, nous allons acquérir de nouveaux. Nous avons suffisamment des manuels pour la rentrée. Nous sommes prêts pour satisfaire la demande et rendre nos parents heureux. Nous sommes confiants et pensons qu’il n’y aura pas rupture de stock. Nos fournisseurs ont des livres en grande quantité. En ce qui concerne les prix, nous faisons un effort de respecter rigoureusement les prix qui ont été donnés par le ministère du commerce. Nous prenons des dispositions pratiques pour que les prix satisfassent tous les parents » at-il poursuivi.

Réactions de quelques parents

Fleurine Ebogo Emerand : « Je n’ai encore rien acheté. Mes moyens sont limités, mon mari est hospitalisé donc actuellement, tous les fonds de la famille y sont consacrés. Les prix des livres ne sont pas du tout abordables, on est obligé de faire avec. On va essayer de jongler pour acheter ces fournitures. Je vais me battre avec les livres du poteau. Lorsque l’enfant a besoin d’un livre, on est obligé de le lui en procurer pour son éducation ».

Nestor Ekenga Noah: « Jusqu’aujourd’hui, mes trois enfants n’ont pas encore leurs fournitures. C’est à partir du 26 août que reprendront les inscriptions et c’est là que nous aurons la liste des fournitures nécessaires pour l’année scolaire.  Par ailleurs, j’ai déjà réservé une bonne somme d’argent de mon salaire et de mes tontines  pour ces fournitures ».

Françoise Owono: « Les prix homologués par le ministre du commerce ne me concernent pas du tout. J’achète les livres de mes enfants au poteau. Leur prix au moins est favorable, à la bourse du Camerounais moyen que je suis ».

La Rédaction avec la Crtv

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