Douala – Ebugnti – Deux religieux camerounais viennent d’en faire l’amère expérience sur le réseau social facebook.

Les religieux sont-ils plus en danger que quiconque sur les réseaux sociaux ? Rien ne permet à proprement de le dire. Mais peut-être faudrait-il s’en inquiéter. Le piratage étant devenu pratique plus que courante sur ces lieux virtuels de communion et de communication. Le degré d’exposition y semble proportionnel au prestige dont on jouit. Et, en la matière, religieuses et religieux sont plutôt gâtés. Deux prêtres, camerounais tous, ont récemment vu leur comptes facebook attaqués par des hackers qui en ont pris possession. Les malfrats y ont diffusé vidéos et photos pornographiques.

Attaques personnalisées

Si la chose prend forcément une dimension particulière, dès lors qu’il s’agit de personnalités au statut social et moral particulier, comme des prêtres, ces attaques n’avaient vraisemblablement rien d’anodines, s’il en est. Elles semblaient même destinées à nuire aux clercs, de manière très personnelle, mais aussi au symbole qu’ils représentent, l’institution Eglise catholique.

Le fait est d’autant plus évocateur que les deux hommes appartiennent à la même congrégation religieuse. Que l’un officie au Cameroun et l’autre en République sud-africaine. Les images diffusées avaient été préalablement trafiquées, les visages notamment, pour donner à penser que ce sont effectivement les supposées qui y sont mis en scène.

Modus operandi

Le désir de salir semble ici s’associer à des fins d’escroquerie. A moins de n’en être que le paravent. Le mode opératoire est le même, mais pas forcément ordinaire. Les malfrats ont contacté leurs victimes via le réseau social, affirmant disposer d’images compromettantes sur elles. Ils ont ensuite  réclamé à chacune une forte somme d’argent en guise de rançon, sans quoi ils diffuseraient photos et vidéos. Ils les auront harcelés de longs jours durant. Devant la fin de non recevoir à eux opposée, ils mettront finalement leur menace à exécution.

Mais au lieu de diffuser simplement les présumées images, ils vont pirater les comptes facebook de leurs victimes et se faire passer pour elles. C’est alors qu’ils ont publié des vidéos et photos pornographiques, en y associant des commentaires désobligeants et pas seulement pour les infortunés piratés.

l’Église et la foi catholique visées ?

Ce serait aller trop vite en besogne que d’affirmer que l’Église est expressément visée par cette pratique. Même si rien n’est moins sûr. Car de nombreux autres utilisateurs, non tous chrétiens et religieux, en font les frais au quotidien. La foi chrétienne n’en demeure pas moins prise à partie dans sa doctrine et ses pratiques. Dans l’un des cas sus évoqués, les hackers ont laissé croire qu’il s’agissait de publications à des fins de revendication contre le célibat des prêtres.

Mais ce qui marque surtout les consciences, c’est l’image d’un prêtre dans cette posture peu recommandable. Le fait n’est bien évidemment pas sans effet sur la perception de l’Église et de la foi, dans un environnement où la mémoire commune, par la manipulation des esprits, est façonnée pour coller à la chrétienté un vice dont on leur reproche pourtant d’être l’ultimes réfractaire.

Précautions d’usage

Le piratage fait partie des risques que l’on encoure, presque naturellement, lorsqu’on rejoint les réseaux sociaux.  Il faut en être bien conscient. Avant ces deux infortunés prêtres, des évêques camerounais y étaient déjà passés. Mais sous la forme plus habituelle de faux comptes Facebook.

Faut-il pour autant que les religieuses et religieux quittent les réseaux sociaux ? Ce serait presque suicidaire. La socialité virtuelle est devenue une réalité et les réseaux sociaux réunissent beaucoup plus de monde de façon continue que ne peut le faire aucune paroisse. C’est même plus que jamais un champ pastoral à investir.

Les déserter serait une grave erreur. En janvier 2011 lors de la Journée Mondiale des Communications Sociales, Benoît XVI, aujourd’hui pape émérite, invitait même les chrétiens à prendre d’assaut les réseaux sociaux pour « être présent là où les gens sont » et y faire preuve d’une « créativité consciente et responsable ».

La première précaution est donc la prudence et son corollaire, la vigilance. Quelques règles permettent par ailleurs de se préserver de ces attaques malveillantes dont voici quelques unes :

  • Ne pas accepter de demande d’amitié venant de profil douteux (sans photo de profil, sans des amis communs sûr et crédibles ou des liens personnels connus, etc.)
  • Créer une ou plusieurs listes d’amis
  • Empêcher le recueil de vos données
  • Sécuriser son compte facebook avec le protocole Https
  • Avoir un mot de passe unique et compliquer

 

La Rédaction avec Max Dominique AYISSI

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