Une dizaine de jours déjà que le sujet est à la une dans les chaumières. Le faux gouvernement français lu en direct sur les antennes de la télévision nationale Camerounaise, non sans avoir malencontreusement grillé la politesse et devancé de manière grossière le véritable choix opéré par le nouveau pouvoir de Paris. Lequel gouvernement, l’authentique celui-là, n’ayant été rendu public que le lendemain du coup de désinformation criard de la tour de Mballa 2.

La suite on la connaît, les autorités de l’ambassade de France au Cameroun très surprises par la légèreté du traitement de cette information vont s’en offusquer par écrit, la présentatrice du journal querellé sera suspendue d’antenne par sa hiérarchie dans une décision prise sous forme de mesure conservatoire.

Très vite, la presse va sauter sur l’occasion, puis l’opinion publique, au point où l’affaire va se transformer en un véritable débat mediatico-politique. D’autant plus que ni celle par qui la faute professionnelle est passée et encore moins la maison qui l’emploie ne se sont empressés de faire amende honorable pour ne pas dire présenter leurs excuses à l’opinion. C’est une semaine seulement après qu’on découvrira un texte du boss dans ce sens, mais jugé relativement tardif.

Depuis lors, j’ai estimé n’avoir ni la qualité, ni l’expertise et l’expérience nécessaires, encore moins le talent pour émettre le moindre avis sur le sujet-débat. Mais pour ne pas paraître comme un lâche ou un peureux face à cette problématique ayant trait à une corporation à laquelle je revendique encore mon appartenance, je me suis finalement décidé à sortir de ma réserve, tout en mesurant parfaitement la responsabilité mais aussi le risque élevé de cette décision, sachant que parfois le silence est d’or.

Et logiquement, sans ambage, le devoir de confraternité et l’honnêteté intellectuelle qui m’interpellent me recommandent d’emblée une posture solidaire à l’endroit de celle qui jusqu’ici est présentée comme la véritable responsable de la bourde. Cette respectable dame pour ma part qui mérite un minimum d’égards pour son âge, son parcours, son talent, son expérience, et j’en oublie; des qualités qui font d’elle l’une des, pour ne pas dire la meilleure présentatrice de journaux de notre pays voire de la sous région. Sa présence à l’antenne, sa diction, sa gestuelle, son rendu digeste, son style, son image télégénique; bref sa signature pour emprunter au jargon et sa mise vestimentaire sont autant d’atouts qui fascinent chez elle.

Hélas toutes ces facultés n’ont pas encore réussi une semaine et demi après à gommer des esprits le faux pas du fameux 15 Mai dernier. Malheureusement aussi, cette aînée n’est pas exempte de tout reproche dans ce qui s’est passé. D’abord en sa qualité de Directrice de l’information. Cette posture seulement (même si en principe c’est de la responsabilité du Rédacteur en Chef) fait d’elle la principale juge d’opportunité du département en charge du traitement de tout ce qui est de l’information à diffuser à la télévision nationale. De ce fait, il peut lui être brandit l’incapacité à pouvoir y instaurer un système rigoureux en matière de traitement des infos à même de détecter et d’opérer un tri qualitatif pour ne choisir que le bon grain informatif et rejeter systématiquement ce qui relève de simples fantasmes de l’esprit.

Or si l’on considère les nombreux errements du site web de cette maison ces temps derniers, elle (la dame) est difficilement défendable. Comme présentatrice ensuite, il est difficile de ne pas lui faire le reproche de s’être précipitée à donner lecture de ce gouvernement qui s’est révélé fantoche sachant que dès l’après midi de ce jour là même, le report de la signature des décrets pour le lendemain était déjà connu. Ce qui questionne donc sa capacité à assurer efficacement le monitoring des informations du news dont elle a la lourde charge de la présentation.

Mais en réalité, ce serait une véritable fuite en avant de traiter de cette affaire sans se poser quelques questions qui restent jusqu’ici sans réponses, du moins pour le grand public qui a pourtant et naturellement un droit de regard dans ce mastodonte qui recèle les traces de sa participation financière. Dans ces questionnements, il serait intéressant de savoir qui est la personne qui a précisément remis ce fake à la présentatrice du journal de même qu’il est curieux de constater que son nom n’est nullement mentionné dans la fameuse note à l’allure accusatoire. Comment comprendre aussi que malgré tout l’armada et la grosse machine qui travaille en back office pour le journal considéré comme l’une des plus grosses productions en télévision, comment expliquer dis ai-je qu’on ai laissé la présentatrice débiter royalement sachant qu’elle voguait dans l’imaginaire irréel? Pourquoi le démenti, cette si simple formalité dont les usages sont connus en l’espèce s’est-il autant fait attendre?

Comment comprendre la frilosité quasi-permanente des autorités Camerounaises en général face au moindre claquement de doigts des pays du Nord, et en particulier suite à cette saisine là alors que rfi pour ne citer que ce cas s’est illustré ces derniers temps dans le positionnement d’une radio d’intoxication contre le Cameroun sans pour autant susciter un tel émoi?

Toute proportion gardée, il est cependant tentant de se laisser dire à la suite de ce raté que c’est en quelque sorte aussi, bien fait pour ce mammouth qu’est l’entreprise audiovisuelle étatique. Car plusieurs personnels (pas tous heureusement) qui y exercent, persuadés d’être de grands savants de la radio et de la télévision devant l’éternel, s’illustrent parfois en toute grandiloquence, comme de véritables donneurs de leçons invétérés. Ils et elles sont alors souvent vautrés dans leurs postures d’imminents experts et censeurs de notre corps de métier, distribuant essentiellement les mauvais points à la “racaille” issue de la presse privée.

Ce fût par exemple le cas en début Novembre 2016 lorsque la radio et la télévision publique, dans un tir groupé en accord parfait avec le quotidien bilingue national avaient organisé le procès et la condamnation par contumace des misérables et anti professionnels des média privés en prenant pour prétexte l’amateurisme dans leur utilisation des réseaux sociaux.

Or si le sujet valait parfaitement la peine, la cible et le ton utilisés hélas semblaient très mal choisis. Mieux qu’une simple faute commise par un seul individu donc, le faux gouvernement de la tour de Mballa 2 semble placer la balle au centre, question de permettre à chacun de commencer à balayer devant sa cour…

Armand Okol: journaliste camerounais

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